Mieux vaut une école fermée qu’une école maltraitante

L’annonce de la réouverture des écoles le 11 mai suscite une inquiétude justifiée de la part des parents d’élèves, des personnels enseignants, périscolaires et municipaux. Selon l’avis du conseil scientifique , le déconfinement expose tout le monde à un risque de contamination et en l’absence des conditions nécessaires, nous avons de sérieux doutes sur la faisabilité d’une réouverture des écoles dans les conditions sanitaires exigées par la pandémie actuelle.
Mais ce qui nous semble le plus aberrant, c’est l’ouverture des écoles aux très jeunes enfants.


Comment peut-on penser un seul instant que les enfants de maternelle comprennent le mètre de distance entre eux ? Comment peut-on envisager qu’ils n’aient aucun contact physique, ne puissent échanger leurs crayons, jouer ensemble, n’aient pas accès aux aires de jeux ? Comment ne pas penser qu’on entretient une peur traumatisante chez les petits en leur interdisant de toucher les autres, en passant  son temps, avec lavage de mains et nettoyage des objets en permanence, à pointer un virus s’identifiant à un ogre monstrueux ? Un des rôles fondamentaux de l’école maternelle est la socialisation, la construction du lien social, de la coopération, du faire-ensemble avec des apprentissages qui s’élaborent collectivement. Comment concevoir qu’on inculque le repli sur soi, contraire à la socialisation, en laissant entendre, par nos gestes et nos discours, dans l’imaginaire de l’enfant, que l’Autre est dangereux ? Comment peut-on aller à l’encontre des besoins fondamentaux de l’enfant ? Les besoins de sécurité, qui passent par le réconfort, le câlin peuvent-ils être ainsi  balayés ?  


C’est pourquoi, nous, insoumis.e.s de Loire Atlantique, demandons aux maires de n’ouvrir aucune école maternelle, de ne pas appliquer la mesure inhumaine, anxiogène et inapplicable d’empêcher des enfants en bas âge de jouer ensemble  « Mieux vaut une école fermée qu’une école maltraitante ».

N’ouvrez surtout pas les écoles maternelles, mesdames et messieurs les maires !
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