CRÉER UNE RÉGIE AGRICOLE MUNICIPALE

L’alimentation est un sujet entremêlant l’intime et le politique.

Confrontés à l’opacité des conditions de production, voire aux scandales alimentaires, perdus entre la diversité des labels et la puissance du greenwashing, les habitants veulent reprendre la main sur ce qu’ils mangent. Or, là où on habite définit souvent ce que l’on mange. 🌾

De l’autre côté, les producteurs sont prisonniers d’un système qui les maltraite. Nombre d’entre eux croulent sous les dettes, ils ne parviennent pas à se rémunérer et par dessus tout, on leur fait porter la responsabilité de multiples pollutions. Pourtant, ce système agraire ne permet pas un réel changement des pratiques : il est difficile de trouver des terres pour s’y installer durablement et de s’assurer un revenu décent.

On voudrait nous faire croire que le consommateur et l’agriculteur sont isolément responsables. Mais la véritable réponse ne peut être que collective et politique. ✊

Le principal enjeu réside dans la protection des terres agricoles, menacée par la politique d’attractivité actuelle. La métropolisation conduit à une urbanisation galopante : les terres sont grignotées par l’habitat individuel, par les infrastructures de transports, et de tertiarisation. Au Loroux-Bottereau, 18 hectares sont menacés par la construction d’une plateforme logistique à destination de la grande distribution. 🏗

Par ailleurs, d’ici 10 ans, la moitié des agriculteurs du département partiront à la retraite sans que personne ne prenne leur relève. Ce sont autant d’espaces que nous devons protéger et qui pourront nous nourrir 🌱

A Nantes Métropole, il reste encore 14000ha et 450 friches industrielles, qui sont autant d’espaces possibles pour inventer une nouvelle agriculture qui nous nourrissent.

TENDRE VERS L’AUTONOMIE ALIMENTAIRE

Parce que c’est aux habitants de produire leur lieu de vie. Nous voulons développer des réponses écologiques et solidaires avec les personnes qui en ont le plus besoin. C’est cela que nous appelons écologie populaire. Pour mettre en œuvre cet objectif des habitantes et habitants proposent la création d’une régie agricole municipale 🌾

Si nous le voulons, nous le pouvons !

D’autres communes avant nous ont mis oeuvre des outils ….

La commune de Tremargat 🏡

Commune de 200hab dans les Côtes d’Armor.
La mairie a mis en place une Société Civile Immobilière : elle achète des terres et les loue à des paysans. 600 ha en 2018. Autrefois réputée comme incultivables.
Le choix des nouveaux paysans se fait sur projet et après décision d’une assemblée générale. Les terres appartiennent donc aux habitants et sont gérées collectivement.
La production des 16 exploitations, presque toutes bio, est écoulée aux alentours : épiceries, restaurants, cantine.

La commune de Mouans-Sartoux et sa Maison d’Éducation à l’Alimentation Durable. 🏡

Commune de 10000 habitants dans les Alpes-Maritimes.
En 2010, la municipalité a préempté un ancien domaine agricole sur lequel devait être bâtisi des lotissements privés.
Elle a salarié un maraîcher (aidé de l’équipe des espaces verts) et un emploi aidé.
Il fournit 85% des légumes des écoles et de la cantine des employés municipaux, soit 1000 repas par jour.
Coût du repas sans prise en compte du quotient familial : 2,04 € (moyenne française : entre 1,5€ et 2 €.). La maîtrise des coûts s’est faite par la réduction du gaspillage alimentaire, la cuisine de marché (produits bruts, en vrac, frais et de saison) et donc l’implication des personnels de cantine, la réduction de la viande.
Prochains objectifs : extension de l’expérience de surgélation des productions estivales, développement de l’aide à l’installation, création d’un atelier de transformation, à disposition de la régie et des agriculteurs. Le surplus sera destiné à une épicerie solidaire.

Albi 🏡

En partenariat avec la Chambre d’Agriculture du Tarn, des conventions ont été signées entre des producteurs locaux et la Ville pour garantir l’approvisionnement local de la Cuisine centrale et l’achat des productions aux agriculteurs.
En 2017, la ville parvenait à fournir 1 repas 100% local par mois, pour les écoles, crèches, centres de loisirs.

La métropole peut préempter et signer des baux emphytéotiques
La métropole peut modifier le Plan Alimentaire Territorial, en concertation avec les acteurs concernés.
Une étude de faisabilité peut être soumise au GAB 44, comme ça a été le cas pour la régie de Vannes, accompagnée par le GAB 56.

De nombreux réseaux existent et favorisent la mise en place de solutions alimentaires innovantes :
Bio-Canteens, Agri-urban, Club Européen Territoires alimentation bio, visites techniques org locaux.

Une régie agricole municipale